LES TRAVAUX
D'HERCULE |
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Livret de Robert de Flers et Gaston Arman de Caillavet Représenté pour la première fois à Paris
sur le théâtre des Bouffes-Parisiens du 7 mars au 25 mai
1901. (S. : partition imprimée) (86 représentations)
(S. : Soubies) RÉSUMÉ « Hercule est un fils de dieu, c'est incontestable ; c'est un héros, nul n'en doute. Il est superbe, grand, rayonnant de santé, beau comme Jupiter Olympien. et " herculéen " à souhait. Le monde attend de lui de grandes choses, et l'acclame d'avance : le jour où Hercule " s'y mettra " ce sera terrible. Seulement Hercule ne s'y est pas encore mis, il ne s'y mettra jamais. C'est sa politique, car il n'est rien de tel pour conserver sa popularité que de la tenir en haleine, et c'est son goût, car il n'est pas de plus grand bonheur pour lui que la divine, que la sainte " flemme ". Nous touchons cependant à un moment critique et les " incidents ", comme il dit, vont surgir. Son peuple murmure, et sa fidèle épouse, Omphale, commence à en avoir assez, de s'entendre reprocher, dès qu'elle réclame de lui un peu d'amour, de vouloir toujours " compliquer " la vie. Le premier " incident ", c'est qu'Augias, le roi bien connu comme sportsman, et qui a des raisons de se plaindre d'Hercule, vient le railler en face, en plein jour, et même souffleter son auguste visage. On s'attend à une catastrophe. Mais Hercule se borne à sourire de pitié : s'il voulait. ; mais la plus grande victoire est celle qu'il remporte sur lui-même. Pourtant, comme le peuple proteste un peu, il promet de l'étonner : il fera. ce soir. ce qu'Augias ne pourrait jamais faire. Second incident, Augias s'éprend d'Omphale, et comme il n'a pas peur d'Hercule, ainsi que le poète Orphée qui soupire autour de la Reine sans oser se déclarer, il l'enlève dans la nuit qui tombe. Mais il était dans la destinée du divin Hercule que toutes choses tourneraient à son profit. Pour fuir avec Omphale, Augias a pris la peau de lion et la massue d'Hercule qui trainaient sur un banc de jardin. Or, voici que les animaux féroces de la ménagerie forcent leur cage et lui coupent la route : il les défait au passage. Et tout le monde croit avoir vu Hercule, lui-même, à l'ouvre ; et le peuple glorifie son héros, qui, un peu interloqué d'abord, se laisse faire ensuite avec bonté. - Cependant voici qu'il apprend la fuite d'Omphale. La poursuivre sans en avoir l'air, en donnant satisfaction au peuple mis en goût par l'exploit de tout à l'heure, c'est ce qu'Hercule est bien forcé de faire, furieux et navré sous le bénévole sourire qui irradie son glorieux visage. Vous savez la suite : Augias, plus sportsman que jamais sous la peau et avec la massue d'Hercule, accomplit successivement les fameux travaux, et Hercule, qui le suit pas à pas, en récolte chaque fois le bénéfice. Sa renommée s'étend sur toute la terre. Deux " incidents " encore surgiront, mais qui ne tourneront pas moins à sa gloire. Un roi, qui a trente filles à marier, prétend les lui faire épouser toutes trente. Les jeunes bergers d'alentour, qui vainement soupiraient, suppléent à ravir le magnifique " flemmard ". Enfin, le " krach " de l'entreprise des " Colonnes d'Hercule" ferait passer au héros un vilain moment. si Augias, qui en a assez de cette perpétuelle usurpation de gloire, ne surgissait à point pour reprendre sa part et déclarer que tout ce qu'on prétend qu'Hercule a fait est son ouvre à lui. On l'arrête, comme de juste. - Tu vois, mon pauvre Augias, lui dit Hercule (qui demande sa grâce), qu'il n'y a rien à faire contre l'opinion. Allons, fais comme les autres : crie " Gloire à Hercule ! "Augias, décidément vaincu, s'exécute (2) .» « C'est la moralité de ce conte aussi plein de sens que d'heureuses folies et qui retrouve d'une façon fort détournée et buissonnière la philosophie de L'Ennemi du peuple d'Ibsen [.]. L'ennemi du peuple, c'est celui qui a raison contre le peuple et qui accepte de rester seul de son avis, malgré les huées et les pierres ; mais, presque toujours, l'ennemi du peuple s'amende et peu à peu lui devient complaisant ; il compose, il pactise, il se désavoue soi-même et consent à avoir tort avec tout le monde plutôt que d'avoir glorieusement et dangereusement raison tout seul (3). » La pièce ne fait pas rire tout le monde, et, en particulier, l'abbé Béthléem et ses collaborateurs : « C'est une véritable honte, pour
des auteurs arrivés,
pour des hommes du monde auquel appartiennent MM. de Flers et Arman
de Caillavet, que d'avoir écrit et fait jouer pareille ordure.
Ils n'avaient même pas l'excuse d'être menacés de
mourir de faim. AIRS CÉLÈBRES 3. Scène et Air, « Et maintenant que la pièce est finie » 8. Scène musicale et Air final, « Quelque chose » 10. Duo bouffe, Xanthias-Hannon, « - Je tape, - Je frôle » 11. Couplets de Palémon, « D'un sang divin ma veine est pleine » 14. Duo du rouet, Omphale-Augias, « Tenez, je n'en demande guère » 15. Invocation d'Hercule, Valse, « Ah ! te dirais-je, papa » 16. Chour triomphal et Air, Hercule-Palémon, « Célébrons, divin Hercule » 17. Scène du départ et Chanson de route, « Ça, qu'on le vocifère ! » 18. Scène bucolique, Vierges et Bergers, « Que l'on passe des jours idylliques » 21. La Vieille Chanson du pays, « Mes filles, plaignons » SOURCES - Partitions manuscrites autographes piano et chant
de musiques nouvelles ne figurant pas dans l'édition SNEM 1901
mais se trouvant dans l'édition Sirène 1920 :
n° 3 :
avec un ajout ; n° 6 : « Hélas,
on se leurre. » ; n° 8 : Air des Potins ;
n° 9 : Duo Omphale-Augias : « Caprice,
caprice ». (1) D'après POURVOYEUR, Robert, « Les
Travaux d'Hercule », Pipers Enzyklopädie
des Musiktheaters, München, Zürich, Piper, 1997, Vol. 6,
p. 271. |
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